Les vélos olympiques
Par Lucie Poulin • 8 août 2008 | Commentez cet articleAu Québec comme au Canada, les adeptes du vélo se multiplient et l’intérêt envers ce sport prend de l’ampleur. Mais entre le vélo récréatif et le vélo olympique, il y a un monde. Peu de nous savons distinguer les types d’épreuves cyclistes, ou encore, en comprenons le fonctionnement. Tour d’horizon des différentes disciplines olympiques sur deux roues, question de s’y retrouver.
- Piste (Madison et course aux points)
- Route (course sur route et contre-la-montre)
- Montagne (cross country)
- BMX
Voyez l’horaire des compétitions de cyclisme lors des Jeux Olympiques de Pékin, diffusés à Radio-Canada.
Piste
Sept différents types d’épreuves seront disputés dans le vélodrome de Laoshan : la vitesse olympique et individuelle, le Keirin, la poursuite individuelle et par équipes, le Madison et la course aux points. Seules les deux dernières mettront nos athlètes canadiens à l’honneur, des épreuves qui avantagent les sprinters endurants sachant bien analyser le développement de la course.
Madison
Le Madison est une course à relais de 50 km (200 tours), en équipe de deux (18 équipes maximum), et a pour objectif d’amasser le plus de points. Tous les 20 tours, les coureurs disputent un sprint. Les quatre premiers récoltent respectivement 5, 3, 2, et 1 point.
Deux coureurs sont présents sur la piste en même temps, mais un seul à la fois participe à la course. Chaque un à deux tours, le coureur actif donne son relais à son coéquipier en le propulsant à l’aide d’une traction de la main.
« Un transfert d’énergie où il y a peu ou pas de perte de vitesse », nous assure Sylvain Richard, coordonnateur de la section route, piste et paracyclisme à la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC).
Le Québécois Martin Gilbert, confiant de se positionner dans les 10 premières positions, retrouvera son coéquipier Zach Bell (C.-B.) à l’aube des JO pour finaliser leur entraînement en duo.
Course aux points
Sur les 40 km (160 tours), au plus 30 coureurs disputent des sprints aux 10 tours ; comme dans le Madison, les quatre premiers récoltent respectivement 5, 3, 2 et 1 point. Le gagnant n’est pas celui qui termine premier, mais qui aura amassé le plus de points lors des sprints intermédiaires et au sprint final. Il faut être attentif en tout temps, bien compter, se placer adéquatement pour lancer son sprint au moment opportun, ou encore mieux, gagner un tour d’avance sur ses adversaires, ce qui ajoute 20 points.
Un vélo à pignon unique… et fixe
La plus grande particularité d’un vélo de piste est sans contredit l’unique pignon fixé à la roue arrière qui oblige les jambes à tourner jusqu’à l’arrêt complet du vélo. Et oubliez les freins, ils ne sont pas permis sur la piste, tout comme les bidons d’eau !
Dans un vélo de piste, on cherche rigidité et aérodynamisme. On privilégie un cadre court avec un angle de fourche plus vertical, ce qui rend la conduite plus nerveuse. Le boitier de pédalier se trouve légèrement plus haut que le vélo de route pour éviter que les pédales ne touchent le sol dans les angles plus serrés du vélodrome – jusqu’à 45 degrés. Plusieurs utilisent également des roues lenticulaires pour réduire la résistance causée par la circulation de l’air entre les rayons.
Nos Canadiens(nes) :
- Martin Gilbert (QC) - Madison
- Gina Grain (BC) - Poursuite
- Zach Bell (BC) - Madison et course aux points
Route
Course sur route
Photo: Martin Brisson
Les hommes parcourront une distance de 239 km et les femmes 120 km sur un parcours se terminant à la Grande Muraille de Chine. On peut avoir l’impression qu’il ne se passe pas grand chose lors d’une épreuve sur route, car bien souvent, les coureurs roulent groupés d’une ville à une autre ou effectuent une boucle plus d’une fois. Or, c’est faux ! Comme il ne s’agit pas d’un sport individuel, mais d’équipe, les stratégies de collaboration sont essentielles pour accéder au podium et se dessinent en fonction des aptitudes des coureurs.
D’abord, si les coureurs roulent en peloton, c’est pour se cacher du vent, l’obstacle numéro un. En roulant immédiatement derrière un autre cycliste qui fend le vent (« dans la roue »), l’effet d’aspiration entraîne une économie d’énergie qui peut atteindre 30 %.
Les sprinters, aux départs explosifs, préfèreront une finale groupée ; ils possèdent les capacités pour se détacher aisément du peloton. Quant aux rouleurs, ceux pouvant maintenir un rythme soutenu pendant une longue distance, ils tenteront de s’échapper seul ou en petit groupe. Dans ce cas précis, leurs coéquipiers auront la tâche de chasser les contre-attaques et ne pas prendre de relais à l’avant du peloton pour épuiser leurs rivaux ou éviter que le peloton ne rejoigne l’échappée. Lors des courses en côtes, qu’elles soient longues ou abruptes, les grimpeurs tirent avantage de leur petit gabarit pour laisser le peloton derrière. Sur ce type de parcours, l’effet d’aspiration est fortement réduit, parfois annulé, et laisse chaque coureur seul face au mur qu’il doit gravir.
Un vélo à plus de dix vitesses
Plusieurs les appellent encore les dix vitesses (deux plateaux à l’avant combinés à cinq pignons à l’arrière) même si la technologie en offre maintenant 22 (11 pignons). On recherche avant tout un cadre léger, essentiel dans les montées, et rigide pour obtenir une réponse franche lors des accélérations. Avec de longues heures passées sur la selle, le confort est au moins aussi important que l’efficacité de la monture. Le composite de prédilection est l’indémodable fibre de carbone, qui dans l’univers de la compétition, a presque relégué aux oubliettes l’acier, le titane et l’aluminium.
Contre-la-montre
Le contre-la-montre, comme le sous-entend son appellation, est une course où les coureurs doivent afficher le meilleur temps au chronomètre. Même si la tentation de partir en flèche dès les premiers kilomètres est forte, les coureurs doivent gérer leur énergie pour pouvoir maintenir le rythme sur toute la distance à parcourir soit 46,8 km (distance aux JO) pour les hommes et 31,2 km pour les femmes.
Chaque seconde compte, c’est la raison pour laquelle l’équipement a été adapté : casque profilé, maillot une pièce, roues lenticulaires, guidon aux barres aérodynamiques pour permettre d’allonger le corps vers l’avant. La selle est légèrement surélevée et plus avancée qu’un vélo de route pour mieux exploiter la force des quadriceps. Tout est pensé pour que le vent glisse sur le coureur, évitant ainsi de freiner son élan. Ce que l’on perd en stabilité, on le gagne en aérodynamisme.
Nos Canadiens(nes)
- Alexandra Wrubleski (BC)
- Erinne Willock (BC)
- Leigh Hobson (ON)
- Ryder Hesjedal (BC)
- Michael Barry (ON)
- Svein Tuft (BC)
Vélo de montagne ou cross-country
La compétition de cross-country a lieu sur un terrain boisé de 4 à 5 km en périphérie de Pékin. Elle durera de 2 heures à 2 h 15 pour les hommes et de 1 h 45 à 2 heures pour les femmes. On qualifie le parcours de roulant. Les coureurs seront donc peu ralentis par les obstacles. Montées longues ou abruptes (« casse-mollet »), descentes, escaliers en roche… « Nos athlètes, qui ont l’habitude d’attaquer des parcours plus techniques, comme c’est le cas sur les terrains accidentés du Québec, ne seront pas nécessairement avantagés », laisse présager Simon Thériault, coordonnateur Vélo de montagne à la FQSC. Pour être fins près, ils devront effectuer le parcours plusieurs fois, s’adapter aux variations de rythme du terrain, visualiser les angles des courbes, dénombrer les obstacles, et si ce n’est déjà fait, analyser leurs adversaires !
Bien se placer au départ est primordial, puisque dès l’entrée dans le bois, le sentier se rétrécit et ne laisse entrer les coureurs qu’au compte-goutte. Après, la patience est de rigueur, car certaines sections permettent un dépassement, d’autres pas.
Exception faite des pneus cramponnés et des trois plateaux avant, le vélo de cross-country comprend une fourche à suspension avant (« hardtail »). Elle doit assurer un transfert d’énergie efficace dans les montées et dans les accélérations, tout en absorbant les chocs dans les descentes. On utilise un frein à disque hydraulique pour permettre un freinage plus puissant sans user la jante de la roue.
Nos Canadiens(nes)
- Marie-Hélène Prémont (QC)
- Catharine Pendrel (BC)
- Geoff Kabush (BC)
- Seamus McGrath (ON)
Le BMX: une première aux Jeux !
C’est une première pour le BMX qui connaîtra cette année ses débuts aux JO. « Et Pékin offrira tout un spectacle en créant un parcours très technique fait sur mesure pour mettre en valeur les habiletés des athlètes de haut niveau », se réjouit Bruno Vachon, coordonateur BMX et Cyclo-cross à la FQSC.
Tout d’abord, une butte de départ de huit mètres de haut (un à deux mètres normalement) augmentera considérablement la vitesse de pointe. Puis, viendront des sauts en hauteur jusqu’à 10,5 mètres de long, des sections rythmiques et des courbes relevées. Un circuit de 340 mètres exécuté en environ 35 secondes ! Vitesse explosive, excellente coordination motrice et habiletés techniques impeccables… voilà ce qu’il faut pour performer dans cette discipline où l’action bat son plein.
Chaque tour, des qualifications à la demi-finale, un système d’élimination par pointage est mis en place pour permettre aux quatre premiers sur les huit participants de passer à la prochaine manche, jusqu’en finale où seul le premier l’emporte.
Dans ce genre d’épreuve, on préfère un vélo léger et maniable, avec des roues de 20 pouces, un seul frein à l’arrière, un plateau et un pignon… tout simplement. Les pilotes se protègent en portant un casque intégral, un pantalon résistant, un maillot à manches longues rembourré.
Nos Canadiens(nes) :
- Samantha Cools (AB)
- Scott Erwood (BC)
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Exemple d’une épreuve internationale sur la piste des JO de Pékin:



















